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Mariage pour tous et école privée !! Un communiqué du CEDRE

COMMUNIQUE du CEDRE Collectif des Elus Démocrates et Républicains à l’Education Mariage pour tous : l’enseignement catholique se met à la faute ?

Le Parlement sera saisi, dans quelques jours, du projet de loi sur le mariage pour tous, une des promesses de campagne de François Hollande répondant sur ce sujet à une évolution de la société, de ses mentalités mais aussi à un besoin clair d’égalité. Les réactions diverses et variées déjà entrevues pendant la campagne présidentielle ont démontré que le débat ouvert au niveau des citoyens et des partis politiques allait manifestement rebondir. Ce fut le cas, il y a quelques jours, à travers la prise de position du secrétaire général de l’enseignement catholique, Monsieur Labarre, qui a adressé une lettre aux directions leur soumettant l’idée saugrenue de se saisir ouvertement du débat à l’intérieur des établissements. Le secrétaire général de l’Enseignement catholique estime en effet que « chaque école, collège ou lycée peut prendre les initiatives qui lui paraissent localement les plus adaptées pour permettre à chacun l’exercice d’une liberté éclairée ». Evidemment personne ne peut reprocher à Monsieur Labarre de s’exprimer comme citoyen et d’émettre les plus vives réserves sur le mariage des homosexuels, preuve, si besoin était, de la difficulté à convaincre largement sur ce sujet. Il nous parait en revanche pour le moins problématique et pour tout dire scandaleux que le secrétaire général de l’enseignement catholique, au vu de ses responsabilités, puisse ainsi s’exprimer et revendiquer le débat, forcément orienté, dans les établissements scolaires. La loi Debré de 1959 fixe, rappelons-le, le périmètre du champ d’activité de l’école privée notamment par le contrat d’association et le besoin scolaire reconnu défini précisément par l’amendement de 1971. La reconnaissance de l’école privée, d’hier à aujourd’hui, implique évidemment le respect, non partiel mais total, des programmes alors que les enseignants sont assimilés fonctionnaires ou même fonctionnaires en détachement. De la même façon le besoin scolaire reconnu, vingt pour cent des effectifs d’élèves sont peu ou prou scolarisé dans l’enseignement privé sous contrat, justifie la prise en charge des dépenses de fonctionnement des établissements d’élèves qui auraient pu, ou dû, être accueilli dans les écoles publiques. Certes la loi reconnait le caractère propre des établissements scolaires leur permettant de donner encore, à l’occasion, une coloration cultuelle aux élèves à travers des formes variées, la catéchèse par exemple, mais, de toutes les manières, en dehors du temps strictement scolaire. Ce temps évidemment n’appartient plus aux congrégations mais entre pleinement dans le champ de l’activité scolaire comme dans tous les établissements publics et privés sous contrat d’association.

Vouloir aujourd’hui organiser le débat sur le mariage pour tous à l’intérieur des écoles, des collèges et des lycées nous apparait donc comme une faute politique et morale. Faute politique et morale car M.labarre conscient de ses responsabilités et du poids de sa parole propose dans des circonstances floues et incertaines d’entamer, sur ce sujet de société, un débat qui pourrait devenir fiévreux dans de nombreux établissements dans lesquels d’ailleurs la communauté éducative est en droit de s’interroger sur cette prise de position. Quelles attitudes les enseignants devront –t-ils adopter ? Comment réagiront les élèves au discours tenu ? Comment les parents se positionneront t-ils ? La querelle scolaire, quasi enterrée depuis 1984, n’est peut-être pas au point de resurgir mais le CEDRE rappelle très fermement toutes les autorités nationales et locales de l’enseignement catholique à faire preuve de modération dans un débat qui lui échappe, au risque de vouloir instrumentaliser les élèves et leurs parents et dépassant de manière volontaire la ligne fixée par la loi Debré.